L'aéroport se trouvait à côté du Parc dans lequel je me trouvais, si je voulais rejoindre Nakatsu j'avais juste quelques mètres à parcourir, après tout maintenant qu'est ce qui pouvait me retenir ici ?
Après les aveux de Sano, j'étais complètement déboussolée.
Quelle décision prendre ?
Il était à présent 17h59, pour moi c'était fini, elle ne viendrait pas, il me restait plus qu'à prendre l'avion... tout seul, notre histoire était désormais finie... tout ça à cause d'un mec qu'elle connait depuis seulement une semaine. Je me sentais énormément frustré rien qu'à l'idée d'y penser. C'était décidé, il fallait que je tourne la page après tout, elle l'avait bien fait en l'espace d'une semaine ! Une voix me sorti de mes pensées.
... : Nakatsu ?
Espérant de tout mon coeur que se fut elle, je me retournai.
Nakatsu : Hatsumi ?
Hatsumi : Tu es visiblement déçu?
Nakatsu : Il faut dire que je ne m'attendais pas à toi .
De loin j'observais la scène, que faisait cette Hatsumi ? Celle qui avait tout ou presque foutu en l'air !
J'avais qu'une seule envie, lui sauter dessus, surtout après avoir entendu les paroles de Sano, qui m'avait mise dans une colère noire, m'être fait bernée comme ça, j'en revenais pas !
Il se devait que j'intervienne !
Mizuki ( en se plantant derrière Hatsumi ) : Je vous dérange ?
Arborant un grand sourire à Hatsumi, histoire de lui faire comprendre qu'elle perdait son temps.
Nakatsu ( plus qu'étonné ): Mizu....
Mizuki ( le coupant ): Je nous ai acheté quelques truc à grignoter et un magasine à lire durant le voyage :)
Hatsumi ( étonnée ): Je ne comprends pas ....
Mizuki : Qu'est ce que tu ne comprends pas ? Hatsumi ! J'avais particulièrement exagéré sur son prénom histoire qu'elle comprenne qu'elle était de trop !
Mizuki : On a un vol à prendre excuse nous ! A la prochaine :)
Bien contente de moi elle tourna les talons !
Nakatsu : C'est quoi ce cirque ?
Tu penses que tu peux arriver comme ça et décider de tout ?
Mizuki ( penaude ): Mais... mais... je veux etre avec toi !
Nakatsu : Je m'apprêtais à t'oublier ! Il était 17h et tu n'arrivais pas !
Mizuki : M'oublier avec elle ? C'est ça ?
Nakatsu: Mais non ! C'est elle qui est venue me parler alors que j'étais en train de me faire tout plein de films m'imaginant sans toi.
Ne sachant quoi répondre, je pris son visage entre mes mains et l'embrassai.
Il ne se défit pas de mon étreinte, au contraire, il me sera contre lui et m'embrassa de plus belle, apparement satisfait de me retrouver.
Nakatsu ( se retirant apparement à contre coeur ) : Tu m'as tellement manqué ma chérie. Je t'aime tellement !
Je souris et pour simple réponse je m'enfouis dans ses bras, contre son torse.
De longues secondes passèrent, puis je repris la parole.
Mizuki : Il faut que j'appelle Makino !
Nakatsu : D'accord, tu as des valises ? Il faut embarquer à 18h30.
Mizuki: Oui je les ai enregistré en arrivant .
C'était surtout pour ne pas avoir à changer d'avis après, pensai-je
Nakatsu ( le sourire aux lèvres ): Génial :)
Du côté de Makino.
Nous fûmes devant la terasse d'un café pas très loin de l'aéroport, lorsque Sano débarqua.
Sano: Je l'ai fait ! Je suis un vrai connard !
Je m'en veux tellement.
Sampaï: Oh, dis toi que c'est mieux comme ça, il fallait l'aider à prendre une décision.
Ahmon: C'est ce que tu as fait !
Sano: J'y ai été un peu trop fort =S
Domyôji était en face d'Ahmon et de moi. Il regardait souvent en notre direction, je ne comprenais pas pourquoi.
Peut-être était-il intrigué par notre conversation.. Mais son attitude était étrange.
Il avait ces yeux vifs et perçants, ourlés de longs cils épais, si rares chez une personne..Je n'en avais jamais vu de semblables auparavant. Son nez était droit et fin, son teint très pâle et ses cheveux en bataille tellement bien coiffés... La perfection de ses traits me semblait désormais être une évidence. Il était beau, irrésistible, à tel point que mes yeux n'arrivaient pas à se détacher des siens. Je me sentais attirée par lui comme par deux aimants, mais n'arrivant jamais à faire qu'un. Toute sa personne représentait la beauté. Son attitude si intimidante, sa froideur, sa méchanceté, ce côté si mystérieux. En sa présence, j'avais la fâcheuse manie de me ridiculiser et de perdre mes mots, à tel point que je paraissais sotte. J'étais toujours mal à l'aise avec lui, mais à la fois protégée, j'aimais bien cette sensation. Ca éveillait en moi quelque chose, mais jamais je n'arrivais à savoir quoi. Peut-être que c'est depuis l'accident de sa soeur qu'il émane de lui cette sensation de protection et d'honnête conviction.. Celle d'un jour se venger de cet homme qui a fait de sa vie un enfer..
J'étais impressionée, je me sentais toute petite face à lui, une grande personne s'étant réfugiée dans la musique, avec un but comme celui-là dans la vie, c'est si humble et si honorable..
Mais que suis-je en train de dire ? Je me perds dans ma contemplation à tel point que ç'en devient humiliant.
Il y a Ahmon aussi, tellement plus sociable et souriant, dont n'importe quelle fille serait tombée amoureuse de lui.. Je ne savais pas quoi penser. Il était toujours là pour moi, n'importe quand, si gentil. Mais quelque chose me gênait en lui. Je n'arriverai jamais à dire quoi.
Et puis, Domyôji est tellement spécial et...bizarre ! Je ferais mieux d'oublier tout ça.
La sonnerie de mon téléphone m'extirpa de mes reveries.
Makino: Allô ? Mizuki ?
Les garçons se tournèrent d'un coup de tête silmutané vers moi, pour tenter d'entendre la moindre parole de Mizuki.
Mizuki: Oui, je suis à l'aéroport.
Makino: Tu retournes en France ?
Mizuki:. .. Oui, c'est le mieux, je n'ai plus rien à faire ici . Restes, toi surtout stp, ne gaches pas ton voyage pour moi je t'en supplie. En plus il y a les graçons pour veiller sur toi :)
Makino : Mizuki ? Je vais pas rester si toi tu pars !
Mizuki: Comprends moi je suis obligée, sinon Nakatsu et moi , c'est terminé....
Makino: Bon d'accord, mais ça va pas être pareil sans toi ...
Mizuki: Désolée, embrasse tout le monde, je te rappelle quand j'arrive en France. Bisous!
Je ne savais quoi répondre. Ma présence ici me semblait injustifiée. Je ne me sentais plus à ma place. C'était notre voyage. Un voyage que nous devions partager à deux, sinon il n'avait plus aucun sens.
Elle me laissait là, seule.. Je savais que ma réaction était égoïste, je devrais me réjouir de sa réconciliation avec Nakatsu, mais voila, j'étais bien trop égocentrique. Je ne pensais qu'à moi et à ma propre personne..
Je voulais que Mizuki reste avec moi, pour que nous réalisions notre rêve ensemble, et voilà qu'elle disparaissait soudainement, sans même m'avoir permis de lui présenter mes adieux. Je ne savais pas comment réagir, s'il fallait que je sois heureuse ou bien fâchée. Une petite voix au fond de moi me disait que la première raison devait l'emporter. A quoi bon, après tout son bonheur faisait le mien! Si elle était heureuse, et que telle était sa décision, alors je devrais l'accepter et profiter pleinement de mon séjour tout en espérant que ça se passera bien pour elle. Après tout, sa décision avait été mûrement réfléchie, elle n'était pas du genre à être impulsive, contrairement à moi qui l'était bien trop souvent.
..: Ca va pas ?
Tout en étant perdue dans mes pensées, je venais de me rendre compte que Sampaï me posait une question depuis un bon moment.
Makino: Euh.. Mizuki retourne en France avec Nakatsu. Je ne savais pas elle vient de me l'apprendre, je suis un peu... surprise. Je vais rentrer. D'ailleurs.. Sano que lui as-tu fait ? Elle s'apprêtait à aller chez toi avant qu'elle ne prenne cette décision.
Sano: Hum..Eh bien.. Je lui ai fait clairement comprendre que Nakatsu était le garçon qui lui était préférable, que c'était un type bien, et qu'il ne fallait pas hésiter un seul instant.
Makino: Je pense que tu as eu raison. Je suis désolée pour toi, mais tout ça a pris des ampleurs incontestables. Je rentre maintenant.
Domyoji: Je t'accompagne.
Il s'était fait très discret au cours de cette discussion, et aussi étrange que celui puisse paraître, j'avais envie de sa présence réconfortante auprès de moi à cet instant précis. Mais je ne me permettrai pas de lui dévoiler ce fait. C'est la raison pour laquelle je ne constestai pas, et poursuivis ma route.
J'étais silencieuse, je ne parlais pas, je réfléchissais. Tant de choses en une semaine s'étaient passées !
Je pensais à Mizuki, à Nakatsu, à Sano, Ahmon et ..Domyôji. A ces rencontres et ces liens qui s'étaient étroitement liés entre nous tous.
Au bout de quelques instants..
Makino: Merci...
Domyôji: De quoi ?
Makino: De me raccompagner .
J'essayais au mieux d'éviter qu'il n'y ait trop de blanc entre nous.
Domyôji: De rien, c'est normal ... surtout après ce qu'il t'es arrivé.
Makino: Tu n'étais quand même pas obligé.. si tu avais d'autres choses à fai..
Domyôji: Ca me fait plaisir.
Je crois qu'il n'avait pas controlé ses paroles car même lui semblait étonné d'avoir prononcé ces mots.
Domyôji: Hrum.. je veux dire j'avais rien de prévu.
Makino: Nous étions arrivés à l'endroit où je logeais.
Tu veux monter ?
Domyôji: Tu comptes rester ?
Nous avions posé la question en même temps donc nous nous contemplions en silence.
Makino ( troublée): Franchement je sais pas.. qu'est ce qui m'empêche de partir ?
Domyôji: Tu as pleins de choses à visiter.
Makino: Toute seule ? Sans Mizuki, à quoi bon?
Domyôji: Ta vie entière ne se résume t'elle qu'à Mizuki ? N'as tu pas d'autres interêt dans la vie ? Aucune obstination? Mizuki est partie, je comprends que tu sois déboussolée, mais on dirait que sans elle alors tu n'as plus envie de tout ça.. ! Arrête d'être aussi dépendante d'elle!
Il avait dit ça sur un ton sec qui me destabilisai, il le remarqua.
Domyôji: Tu es arrivée, je m'en vais !
Il tourna les talons sans ajouter un mot. Moi non plus. Après réflexion, le mieux était de ne rien dire. Je le regardai s'éloigner, il était si beau et se déplaçait avec une telle aisance, une telle grâce que ce fut troublant. Me reprenant, je rentrai.
Je trouvais ces heures de vol extrêmement longues à présent. Je ne savais pas si j'avais fait le bon choix, je pensais que oui, mais une voix intérieure me disait que non. Stop! Trop tard, de toute façon j'étais dans l'avion avec celui qui partageait ma vie depuis plus d'un an, une semaine n'était rien comparé à ça !
Nakatsu : Je suis désolé que tes vacances aux Japon se soient déroulées comme cela mais comprends moi, il valait mieux rentrer non? Je suis sûr que tu as pris la meilleure décision. Je n'en attendais pas moins de la fille que j'aime !
Mizuki : Tu as sûrement raison.
Il me caressa les cheveux et me lança un sourire. Je me décidai alors d'oublier ce maudit Sano ! Et de retenir que le bon côté de ce voyage. Je lui rendis son sourire, espérant très fort qu'il ne laisse pas apparaître le fond de ma pensée.




